Onglets

dimanche 29 janvier 2017

La la Land, le film

Est-il permis de ne pas trop aimer La la Land ?


Qu’il soit dit tout d’abord que je suis plutôt bon public, que je m’ennuie rarement dans une salle obscure, que je ne fais jamais la fine bouche devant une comédie sans prétention, musicale ou pas.

Sauf que : arrivé à la première heure de La la, j’ai regardé en douce ma montre (ce qui ne m’arrive jamais), espérant la fin pas trop lointaine.
Sauf que : les chansons ne m’ont pas enchanté, que le jazz retenu m’a à peine fait bouger, que les chorégraphies ne m’ont pas du tout soulevé (indignes du meilleur Hollywood , où sont les claquettes d’antan ?).
Sauf que : les références à ces excellents entertainments passés, hollywoodiens ou non, lorsque ce sont des clins d’œil incessants à de vieux clichés (par exemple Paris et la Seine, sa Tour Eiffel, ses marins à pompon…), cela tombe vite dans les poncifs éculés. Et

vendredi 27 janvier 2017

La jeune photographie européenne au 104

Festival « Circulation(s)  » au 104


À Paris, 5 rue Curial, le « 104 » accueille jusqu’au 5 mars de jeunes talents de la photographie européenne. Il s’agit de la 7ème édition de « Circulation(s) ».

Weronika Gesicka - Pologne - Traces
  
Le festival est justement nommé puisqu’on y passe sans transition d’un auteur à l’autre, d’un pays au suivant, circulant bien entre rudes obsessions personnelles et humour affirmé, entre séries abstraites et le plus souvent formulant un récit.


Un bel accrochage


Mafalda Rakos - Autriche - I want to disappear

L’accrochage est particulièrement réussi : souvent un grand mur blanc réservé à chaque

samedi 21 janvier 2017

Pour penser droit, faudrait-il avoir des idées courbes ?

Ça tourne pas rond ?

Percer des trous carrés, voilà bien une idée saugrenue ! Intuitivement irréalisable ! Pourtant…
Monter sur un vélo des roues quasi triangulaires, et rouler sans cahot ! Totalement invraisemblable ! Pourtant…

Dessiner une forme non circulaire ayant un diamètre constant, voilà qui, de prime abord, défie l’entendement. Pourtant…

Le triangle de Reuleaux

L’ingénieur allemand Franz Reuleaux (1829-1905) a laissé

mardi 10 janvier 2017

Le Centre d'Art Moderne Gulbenkian de Lisbonne

Le Centre d'Art Moderne Gulbenkian de Lisbonne jouxte le fameux musée du même nom. Dans un beau bâtiment inauguré en 1983, il abrite collections et expositions, dans le domaine de l'art contemporain.

« Luanda, Los Angeles, Lisbonne » , l’expo de António Ole

Actuellement se tient une exposition rétrospective du travail de l’artiste angolais António Ole. Né à Luanda, Ole a aujourd’hui une aura internationale. Son travail va de la sculpture à l'installation, du collage au dessin, de la photographie au cinéma, instaurant un dialogue permanent avec les villes, particulièrement celles de Luanda, Los Angeles, Lisbonne.
Une installation et deux compositions avec photos (parmi onze)

L’exposition « Portugal em Flagrante »

dimanche 8 janvier 2017

Pablo Neruda, le film…

Ce que le film n’est pas


Ce n’est certes pas un biopic : le film met en scène juste les deux années 1948-49 de la vie du poète, celles de la traque menée par le régime répressif du dictateur González Videla contre les militants communistes, et il ignore tout du passé personnel ou politique de Neruda et de ses années futures. 

Même si le climat d’après-guerre est relaté, le film ne constitue pas non plus un document historique, puisque centré sur l’inspecteur Óscar Peluchonneau, personnage de fiction. C’est ce policier qui va pourchasser Neruda avec passion, sans relâche, pièce maîtresse riche et ambiguë de la trame dramatique, au point que la voix off du flic fait office de narrateur tout au long du film. 
Ni un chant général à la gloire du poète. Neruda est montré comme une personne assez

jeudi 5 janvier 2017

La photo, cette révélatrice

Vers une nouvelle appli

Le Face-Swap, dont j’ai déjà parlé dans ce blog, c’est rigolo, mais il faudrait que nos technologues inventent une nouvelle appli photographique pour smartphone, une appli qui à partir d’un portrait quelconque saurait afficher illico les multiples visages de la personne prise. Double visage, triple visage… 

L’appli , quasi magique, pourrait être expérimentée sur des cas élémentaires, en politique par exemple. Certains dirigeants actuels ou passés permettraient de réaliser un test très probant. Même l’œil nu sait dévoiler leurs autres facettes. Pour notre Chirac national par exemple, l’écran afficherait un joli diptyque : d’un côté sa brave face tête de veau amateur de bonnes bières, de l’autre son œil froid de prédateur politique.
Voilà donc une future appli bien facétieuse. Mais aussi fort utile : avant tout scrutin, les panneaux électoraux faciliteraient notre choix en affichant les faces masquées des candidats de tous bords.

Autre usage concernant le mariage : avant de dire oui devant Monsieur le Maire, chaque futur pourrait consulter l’appli évitant que ne se dévoile avec le temps un autre minois de la personne aimée. 

Dans le domaine du théâtre ou du cinéma, à propos d’interprètes, le nombre d’images

dimanche 18 décembre 2016

Baccalauréat, le film de Cristian Mungiu

C’est pas la joie !


Voilà sans doute l’impression dominante après les 2h10 de projection. Pas la joie d’avoir fréquenté des familles où domine une telle déprime, d’avoir voyagé dans une Roumanie à ce point corrompue, d’être resté longtemps prisonnier d’un parcours aussi trouble que monocorde. 
La question est : pour pointer les compromissions et les trafics d’influence qui règnent semble-t-il en maîtres dans le pays, faut-il les multiplier à l’écran au point d’étouffer le spectateur ? Faut-il, pour montrer l’abattement d’un pays, choisir un tel ton morose et des plans-séquences si épais ?... C’est l’excès de larmes qui peut affecter un propos tragique jusqu’à en faire un mélo trop appuyé. Et le style de Cristian Mungiu qui signe ce «Baccalauréat » ne donne pas dans la sobriété mélancolique.

Un synopsis intéressant


Dommage, car la trame est intéressante. Comment, de modestes arrangements en

dimanche 11 décembre 2016

L’expo « Soulèvements » au Jeu de Paume. L’esthétique des images mène-t-elle à la lucidité historique ?…

Un expo multi-supports
Emeute - Gravure de Käthe Köllwitz

Révoltes, émeutes, agitations, manifestations… constituent le thème abordé jusqu’au 15 janvier au Jeu de Paume. Est exposée une sélection d'œuvres de toute nature : peintures, films, affiches, documents, nombreuses photos… Une importante rétrospective qui occupe la totalité des salles. On peut se souvenir qu’en 1789 au Jeu de Paume de Versailles les députés des trois ordres s’étaient soulevés et avaient fait le serment d’écrire une nouvelle constitution.


Soulèvements pris au pied de la lettre

L’exposition est intitulée Soulèvements, choisis parmi ceux de l’histoire revendicative des siècles derniers. C’est sans doute l’idée la plus intéressante de l’expo que de prendre ce titre au mot, en abordant ces révoltes par les gestes d’élévation qu’elles suscitent. Images de lever de drapeau ou de dressage de banderoles, de jet de pavés, tir de balles, escalade des forteresses, poings brandis, déploiement des corps… 
G.Caron -Manif. anticatholiques                    D.Adams - Patriot            A. Korda - El Quijote de la Farola       

Soulèvements pris au pied de la lettre donc. Cela illustre bien l’envol des idéaux défendus par les insurrections. La révolte s’affiche en tant que mouvement, geste, dynamique, elle

dimanche 4 décembre 2016

Histoires de temps

Le battement du tambour


Tourne la roue du devenir continu des causes et des effets. 

Shiva rythme le temps par le battement du tambour qu'il tient dans sa main. 

Le soleil culmine et décline aux instants des deux solstices.

Les ailes des dragons battent la volatilité de l'instant et leur longue queue s'enroule en spirale comme le temps éternel.

Tourne la roue du devenir bouclé des causes et des effets. 

L'écoulement ininterrompu du samsâra ; le principe spirituel éternel de tout être, qui voyage d'une forme à une autre.
Achille marche 10 mètres derrière une tortue. Il la rattrape. Mais pendant qu’Achille franchit ces 10 mètres, la tortue avance d'un mètre ; puis le temps qu’Achille parcoure ce mètre, elle avance de 10 centimètres ; lorsqu’il brave ces 10 centimètres, la tortue a avancé d'un centimètre… etc !  La dépassera-t-il ?
Le blog de Claire Lomme

Retourner la flèche du temps ?


Le tic-tac régulier de Newton. La pierre qu'il lance dans la mare y forme des ondes jolies, régulières. Puis il change t en – t dans les équations des mouvements : on voit alors les ondes se rétracter vers l’impact, la pierre ressortir de l'eau pour revenir dans la main du savant, sèche.
 

Tourne et revient la roue du devenir inversé des causes et des effets. 

Permuter les effets et les causes ?... Retourner ainsi la flèche du temps ?... – Pas d'accord,

vendredi 2 décembre 2016

Sully - le film de Clint Eastwood : un amerrissage réussi

Happy end


Voilà un film à la fin heureuse… Je ne dévoile rien, le monde entier a célébré le sang-froid des pilotes qui ont tiré d’affaire 155 individus mal embarqués. C’est un déroulement convenant bien au cinéma américain, lui qui déteste tant montrer les revers et les déconfitures qui affecteraient la Nation. Souvenons-nous des dernières scènes de Titanic où les noyés réapparaissent miraculeusement vivants sur le pont du bateau.

Concernant Sully, l’amateur de film-catastrophe ne se consternera pas de connaître à l’avance le dénouement. Bien au contraire, cela fait partie des conventions du genre. Grâce à Steve McQueen la tour n’a été évidemment pas infernale jusqu’au bout, et les prisonniers du ventre du Poséidon ont bien sûr fini par trouver l’issue vitale. Happy end également pour les passagers du Commandant Sully, gloire à l’Amérique !

Où donc placer le suspens puisqu’on connaît la fin ?


Sully n’est pourtant pas juste le film-catastrophe qu’on pouvait craindre (ou espérer), même

samedi 26 novembre 2016

Le client - Film franco-iranien de Asghar Farhadi


Comment ne pas dévoiler l’intrigue ?

Il est difficile d’évoquer l’intérêt du film sans dévoiler tout ou partie du scénario, tant son intensité dramatique est signifiante. Ainsi, si vous l’avez déjà visionné, vous pourrez parcourir cette critique jusqu’à son point final. De même si ­vous êtes assuré de ne jamais le voir. Mais tous les autres ne devront pas dépasser la limite de ce texte indiquée par un STOP bien visible et catégorique.


Tout s’écroule


Le film s’ouvre sur une métaphore assez grossière : celle d’un immeuble qui s’écroule sous les coups de pelleteuses d’une modernité non assumée. C’est la première lézarde que Farhadi nous montre de la société iranienne d’aujourd’hui. En suivront bien d’autres, celles qui vont affecter la vie d’un jeune couple dans cette société fêlée parce que trop rigide. Un couple, elle Rana et lui Emad, pourtant ouvert, qui semble a priori sorti des pesanteurs traditionnelles. Mais elles sont bien présentes et un événement va révéler à quel point. Le film se déroule dès lors avec une inexorable intensité dramatique, oscillant entre thriller psychologique et film sociétal, démontrant séquence après séquence toute l’aliénation d’un corps féminin trop enfermé dans ses voiles et dans de vieux principes de domination masculine. Mais STOP, déroulons davantage le fil du sujet. Divulguons...

dimanche 20 novembre 2016

Mademoiselle : film sud-coréen de Park Chan-Wook *****/5

Revirements


Le film aurait pu s’intituler Revirements, tant ils sont multiples.


Revirements de situations d’abord, au point qu’une seconde partie vient intercéder sur des images de la première. Renversements inopinés entre classes sociales. Pirouettes amoureuses entre genres, qui ne sont plus dès lors ceux que l’on croyait. En plans serrés, beaux retournements de corps, de regards et de langues. Mais aussi basculements de langages entre japonais dominateur et coréen colonisé. Volte-face de personnalités. Revers de fortune. Permutations impromptues de poisons éphémères. Délicats faux semblants se retournant vers les pires perversions sadiques. Hyper-réalisme tournant au soudain baroque…

Un twist constant entre  manipulés et manipulateurs

Tout au long des trois parties du film, tout est twist impensable entre manipulés et

samedi 19 novembre 2016

Expo au Grand-Palais - Mexique 1900-1950, Diego Rivera, Frida Kahlo, Orozco et tant d’autres …

Comment l’art parvient à construire un récit national : voilà ce que montre l’expo Mexique 1900-1950 au Grand Palais.

Quelle conscience nationale apaisée pouvait-on écrire sur une histoire aussi dramatique que celle du Mexique ? Quels mythes mettre en avant sur un fond ethnique et social si éclaté ? L’Histoire a la mémoire longue et le for intérieur du pays n’a jamais oublié les civilisations indiennes conquises par l’Espagne en 1521. Olmèques, Toltèques, Zapotèques, Mayas, Aztèques vivent encore. On les revoit dans les vieilles pierres de Palenque ou de Teotihuacan, dans les figures de jade et d’obsidienne, sur les motifs des textiles et des fresques murales. Et le métissage n’a pas dissout la présence indienne, encore bien visible, aussi bien dans les villages reculés en montagne que sur les modernes avenues du Mexique d’aujourd’hui.

Alors comment forger un mythe national sur un fond si disloqué ?


Comment, au début du XXème, intégrer 300 ans de colonisation espagnole, une guerre d'indépendance, puis un demi-siècle d'instabilités politique et sociale, plusieurs guerres opposant le pays en gestation aux États-Unis, à la France, à lui-même ? Comment assembler ces terribles éclats pour reconstruire un sens commun ?

Parcourant les salles du Grand-Palais, sous nos yeux la réponse est exposée : d’une toile à l’autre, d’un film à une sculpture, se réécrit le grand roman fondateur de la Nation mexicaine.



Diego Rivera – La Molendera

Scène traditionnelle d’une femme en train d’étendre des tortillas sur une pierre volcanique, le metate.


Le maïs est l’aliment de base et constitue

mardi 15 novembre 2016

Le pataouète et les accents de la Méditerranée

Ce pataouète, fatras de tous les accents de la Méditerranée, doit être lâché sans articuler, en mâchant les consonnes avec des cacahuètes, en les gâchant d’un flou épais et brouillon, en ouvrant démesurément les voyelles, comme si les mots n’avaient d’importance que par leur barouf fanfaron, leur sens ne comptant guère. Y’a des tas de consonnes qu’elles seraient trop fatigues à prononcer : comme les L, les G, les V…
Oilà, ça veut dire voilà. Réar, ça veut dire regarde, et pour articuler capable sans passer la journée dessus, on dira capab’. De toute façon, une bonne tape dans le dos, ça suffit pour dire au copain qu’on l’aime bien, qu’on est simplement heureux avec les olives, les anchois, un verre d’anisette Limiñana et une poignée de bliblis...

Penser ?

 Et oilà ! Ici à Bab el-Oued, notre vie quotidienne se passe de vocabulaire précieux. Penser? Penser à quoi?... On croit vaguement en un Dieu vaporeux et barbu, sorte de papé installé sur son nuage à regarder passer les gens. Le rôle attribué à son bon Fils – celui qui croise les bras au dessus des lits matrimoniaux, le petit Jésus – est surtout de protéger la santé de la famille. Malgré qu’il est maigre comme un

dimanche 6 novembre 2016

L’expo Hergé au Grand Palais : le monde de Tintin


Panoramique d'une grande fresque couvrant toute une salle de l'expo

Voyages

Est-t-il possible de voyager de Shanghai à Caracas, de Syldavie au Congo colonial, du désert d’Arabie aux neiges du Tibet, jusque sur la Lune, le tout sans quitter Bruxelles ? Oui, c’est tout à fait faisable ! Il suffit de lire les albums de Tintin, de les relire, ou encore de passer quelques heures au château de Moulinsart, pardon, au Grand Palais.
Trois conditions requises pour ce dernier choix : avoir de 7 à 77 ans (à moins de s’appeler Michel Serres qui affirme avoir une dispense), être un tant soit beaucoup tintinophile (sans toutefois forcément aller, comme Pascal Bruckner, jusqu’à connaître les immatriculations des navires et des voitures), se transporter à Paris-Concorde (une broutille pour qui veut prendre pour modèle notre globe-trotter) et s’acquitter de la somme peu modeste de 14 €. Mais enfin, 14 € pour franchir tant de kilomètres en hydravion, train d’altitude, cargo esclavagiste ou fusée intersidérale, ce n’est pas le Pérou.

À la rencontre de fameux personnages


Parcourant les dix salles de l’expo, on tombe sur une kyrielle de célébrités mondiales.

Tintin d’abord, le justicier puceau (M.Serres), l’enfant de la bulle (M.Daubert) , le fils Courage sans parentèle, l’ado rien du tout (ce que signifie tintin) qui pourtant peut remuer le monde.

Milou, le fox-terrier arachnophobe, fan de whisky, amateur d’os. N’ayant qu’une gueule unique (pardon, qu’une bouche, puisqu’il est doté de parole), il est arrivé que l’héroïque Milou délaisse un beau spécimen à moelle pour pouvoir rapporter le spectre du roi Muskar XII. Il semblerait qu’à ce jour, Milou soit le seul chien promu Chevalier dans l’ordre du Pélican d’Or syldave.


Le capitaine Haddock, Archibald de son prénom, mille sabords, toujours entre deux