Onglets

dimanche 18 décembre 2016

Baccalauréat, le film de Cristian Mungiu

C’est pas la joie !


Voilà sans doute l’impression dominante après les 2h10 de projection. Pas la joie d’avoir fréquenté des familles où domine une telle déprime, d’avoir voyagé dans une Roumanie à ce point corrompue, d’être resté longtemps prisonnier d’un parcours aussi trouble que monocorde. 
La question est : pour pointer les compromissions et les trafics d’influence qui règnent semble-t-il en maîtres dans le pays, faut-il les multiplier à l’écran au point d’étouffer le spectateur ? Faut-il, pour montrer l’abattement d’un pays, choisir un tel ton morose et des plans-séquences si épais ?... C’est l’excès de larmes qui peut affecter un propos tragique jusqu’à en faire un mélo trop appuyé. Et le style de Cristian Mungiu qui signe ce «Baccalauréat » ne donne pas dans la sobriété mélancolique.

Un synopsis intéressant


Dommage, car la trame est intéressante. Comment, de modestes arrangements en

dimanche 11 décembre 2016

L’expo « Soulèvements » au Jeu de Paume. L’esthétique des images mène-t-elle à la lucidité historique ?…

Un expo multi-supports
Emeute - Gravure de Käthe Köllwitz

Révoltes, émeutes, agitations, manifestations… constituent le thème abordé jusqu’au 15 janvier au Jeu de Paume. Est exposée une sélection d'œuvres de toute nature : peintures, films, affiches, documents, nombreuses photos… Une importante rétrospective qui occupe la totalité des salles. On peut se souvenir qu’en 1789 au Jeu de Paume de Versailles les députés des trois ordres s’étaient soulevés et avaient fait le serment d’écrire une nouvelle constitution.


Soulèvements pris au pied de la lettre

L’exposition est intitulée Soulèvements, choisis parmi ceux de l’histoire revendicative des siècles derniers. C’est sans doute l’idée la plus intéressante de l’expo que de prendre ce titre au mot, en abordant ces révoltes par les gestes d’élévation qu’elles suscitent. Images de lever de drapeau ou de dressage de banderoles, de jet de pavés, tir de balles, escalade des forteresses, poings brandis, déploiement des corps… 
G.Caron -Manif. anticatholiques                    D.Adams - Patriot            A. Korda - El Quijote de la Farola       

Soulèvements pris au pied de la lettre donc. Cela illustre bien l’envol des idéaux défendus par les insurrections. La révolte s’affiche en tant que mouvement, geste, dynamique, elle

dimanche 4 décembre 2016

Histoires de temps

Le battement du tambour


Tourne la roue du devenir continu des causes et des effets. 

Shiva rythme le temps par le battement du tambour qu'il tient dans sa main. 

Le soleil culmine et décline aux instants des deux solstices.

Les ailes des dragons battent la volatilité de l'instant et leur longue queue s'enroule en spirale comme le temps éternel.

Tourne la roue du devenir bouclé des causes et des effets. 

L'écoulement ininterrompu du samsâra ; le principe spirituel éternel de tout être, qui voyage d'une forme à une autre.
Achille marche 10 mètres derrière une tortue. Il la rattrape. Mais pendant qu’Achille franchit ces 10 mètres, la tortue avance d'un mètre ; puis le temps qu’Achille parcoure ce mètre, elle avance de 10 centimètres ; lorsqu’il brave ces 10 centimètres, la tortue a avancé d'un centimètre… etc !  La dépassera-t-il ?
Le blog de Claire Lomme

Retourner la flèche du temps ?


Le tic-tac régulier de Newton. La pierre qu'il lance dans la mare y forme des ondes jolies, régulières. Puis il change t en – t dans les équations des mouvements : on voit alors les ondes se rétracter vers l’impact, la pierre ressortir de l'eau pour revenir dans la main du savant, sèche.
 

Tourne et revient la roue du devenir inversé des causes et des effets. 

Permuter les effets et les causes ?... Retourner ainsi la flèche du temps ?... – Pas d'accord,

vendredi 2 décembre 2016

Sully - le film de Clint Eastwood : un amerrissage réussi

Happy end


Voilà un film à la fin heureuse… Je ne dévoile rien, le monde entier a célébré le sang-froid des pilotes qui ont tiré d’affaire 155 individus mal embarqués. C’est un déroulement convenant bien au cinéma américain, lui qui déteste tant montrer les revers et les déconfitures qui affecteraient la Nation. Souvenons-nous des dernières scènes de Titanic où les noyés réapparaissent miraculeusement vivants sur le pont du bateau.

Concernant Sully, l’amateur de film-catastrophe ne se consternera pas de connaître à l’avance le dénouement. Bien au contraire, cela fait partie des conventions du genre. Grâce à Steve McQueen la tour n’a été évidemment pas infernale jusqu’au bout, et les prisonniers du ventre du Poséidon ont bien sûr fini par trouver l’issue vitale. Happy end également pour les passagers du Commandant Sully, gloire à l’Amérique !

Où donc placer le suspens puisqu’on connaît la fin ?


Sully n’est pourtant pas juste le film-catastrophe qu’on pouvait craindre (ou espérer), même