Le délire en Toscane

l’humanité badine. L’asile a la chaleur avenante d’un plat fumant de macaronis.
L'échappée belle
Néanmoins les deux folles Valeria et Micaela veulent s’en échapper. Valeria, c’est un volcan en éruption de paroles. Elle bouillonne de désirs de tout, et d’abord de liberté. Micaela la lunaire, l’écorchée, déprime de son enfant perdu. De la bipolarité à deux, l’une toujours en phase haute, l’autre constamment en bas. Vont-elles se rejoindre et s’aimer ? C’est toute la tension dramatique du film. En tous cas, elles se tirent de leur asile, joyeusement, et on se retrouve alors dans une pétillante comédie à l’italienne. Dans leur fuite à la Thelma et Louise, les deux timbrées vont nous éclater de leurs 400 coups délirants. La comédie est parfois grinçante, schizophrénie exige. Hilarante souvent, truffée de gags jubilatoires. C’est que le monde normal qui les accueille, le nôtre avec son argent roi, est plutôt moins joyeux et généreux, plus terne que le bel asile dont elles se sauvent. Ainsi tout le facétieux et l’intérêt des scènes vient du contraste entre ce monde trop bien rangé, indifférent, et leur folle soif d’amour et de vie. Finalement, l’asile en Toscane, c’est pas si mal…
Valeria Bruni Teleschi et Micaela Ramazzotti
Les deux actrices ont-elles un petit grain pour porter leur rôle avec autant de génie ? Peu importe, le spectateur les remercie des moments de chaud délire et de belle humanité passés avec les deux toquées.