Onglets

mercredi 31 août 2016

La pompe à air, et les autres…

Adieu futurs rhumes, allergies, AVC et autres cancers ! grâce au purificateur "Intense Pure Air"


Depuis peu, me voilà l’heureux détenteur d’une nouvelle sorte de pompe : une pompe à air. Ne souriez pas, il s’agit d’un appareil ultramoderne et parfaitement sérieux. De marque Rowenta, il pompe
l’air ambiant, et le force à passer à travers quatre filtres. Le premier retient cheveux tombés, poussières avariées et poils de la pire nature. Le deuxième s’occupe des gaz (discrets ou odorants) et des méchants composés volatiles. Le troisième lui, avale fort aimablement les acariens, les moisissures, et il se délecte des virus et des particules

dimanche 28 août 2016

Hôtel Singapura

Unité de lieu : l’hôtel, chambre 27. (Le titre original est : In the room…)

Unité d’action : l’amour.

Le temps s’étale des années 50 à nos jours : passage par un beau noir et blanc, par un Technicolor saturé, par des images trash d’aujourd’hui. Inéluctablement, le temps coule et escorte la décrépitude de l’hôtel et des corps des divers personnages. Damien, lui, mort un nouvel an d’une overdose, est immuable : c’est un fantôme récurrent aux pouvoirs mirifiques présent dans toutes les scènes, posant son étrange regard sur les diverses péripéties sexo-sentimentales, et il donne au film l’unité de temps manquante. Damien apparaît ainsi

samedi 27 août 2016

Les terroristes s’habillent-ils en burkini ?

Dans mes billets postés sur ce blog récemment Nice 1 et Nice 2, je me souciais de la vague idéologique mondiale charriant xénophobie et obsession sécuritaire, et je décriais la petite cuisine des médias et des hommes politiques prompts à surfer dessus. Aujourd’hui, une nouvelle preuve par le burkini.

Quel burkini ? 

À Sisco, il n’y en avait pas l’ombre ! pas-de-burkini-sur-la-plage-de-sisco
Cette pseudo-affaire de Sisco a pourtant été le germe d’une rumeur nationale. Dans le contexte actuel, elle portait tous les ingrédients pour le devenir :
Burkini or not burkini ?

  • Le passé colonial de la France, particulièrement la guerre d’Algérie encore bien présente dans la mémoire collective, surtout dans le midi.
  • Un vieux racisme rampant envers les maghrébins.
  • Une défiance exacerbée envers

mercredi 17 août 2016

Une photo serait-elle toujours frustrante ?

Les yeux de la fille au chapeau rouge

M’est revenue en mémoire une récente soirée à l’excellent club-photo Révélateur de Boulogne-Billancourt. Un portrait d’un jeune modèle au chapeau rouge avait été commenté, et certains d’entre nous avaient regretté que le dit chapeau cache ses yeux, sans doute magnifiques : ils en étaient frustrés…

Toute photo serait-elle une privation ?

Une intuition me vint alors, me demandant si toute photo ne serait pas frustrante. Pire, si la frustration n’était pas l’essence même de la photo. Et cela tant pour l’auteur que pour le spectateur.
L’auteur n’est plus présent sur la scène où il a pressé le déclencheur. Cette scène qu’il a fixée est maintenant congédiée dans le passé. C’est donc une absence, la preuve du temps inexorablement fui, une nostalgie. Tout cliché est

jeudi 11 août 2016

Menteur comme un arracheur de dents…

Ainsi les dentistes ont mauvaise réputation. Ne faisons pas d’amalgame : c’est la faute sans doute à une infime minorité d’entre eux. Celle capable de vous remplacer indûment toutes les incisives par des pivots en or histoire de financer un nouveau foc à son voilier. 
Quiconque a autour de soi une victime de ces arracheurs impénitents : un pauvre enfant souffrant un martyr orthodentique dû à de dispendieux et inutiles élastiques, un ado croyant gagner en sagesse en perdant quatre molaires, un adulte multi couronné si appauvri qu’il n’a plus rien à se mettre sous les dents, un petit vieux usant de litres de colle pour ne pas

dimanche 7 août 2016

Ainsi la barbe revient...


Ainsi, la barbe revient. À poils plus ou moins rabattus, elle envahit les mentons et les joues, elle se propage dans les rues de nos villes. Arborer 500 poils au centimètre carré n’est pas anodin, de quoi s’agit-il ?


Mettons-nous pour quelques lignes dans la peau d’un individu quelconque que nous nommerons M, un homme générique. M est plutôt jeune, non barbu encore. Le matin au lever que voit-il dans son miroir ? Quelques poils d’à peine deux millimètres, dérisoires, minables. L’alternative pour M est alors la suivante : soit vaincre sa petite flemme et se raser de près avec force blaireau, lame Gillette et coupures, soit aggraver son bilan carbone en appliquant son vrombissant Philips à têtes pivotantes, soit enfin laisser gentiment agir Dame Nature et sa testostérone. C’est ce que

jeudi 4 août 2016

Nice : un attentat terroriste de Daech ? Peu probable… Pourquoi alors nous le présenter ainsi ?

Dans le billet du 16 juillet , je m’inquiétais de certaines sur-réactions face à la tuerie de Nice :
excès des médias, déclarations inopportunes de nombreux politiques et aussi certains posts d’internautes amplifiant involontairement le retentissement voulu par Daech. Puisqu’un des buts visés par l’autoproclamé EI est de semer la terreur en Occident et d’y radicaliser l’opinion, autant de pas lui prêter main-forte par notre attitude. Depuis, Le Monde et BFM-TV ont décidé de ne plus publier de photos de terroristes, afin d’ « éviter d’éventuels effets de glorification posthume ». C’est bien le minimum !

L’assassin de Nice est-il un djihadiste ?

Aujourd’hui, deux semaines après la tuerie, la question se pose sous

lundi 1 août 2016

La Casbah d’Alger… Que cache chaque cube blanc accroché à la colline ?

Pour M, c’est le troisième jour de son retour à Alger. Au petit matin, dès le réveil de la ville, il pénètre la Casbah. Ce cœur historique de la ville lui était interdit pendant la guerre, et son imagination d’enfant en avait fait le lieu de toutes les merveilles, de toutes les menaces, de tous les mystères… 
Que va-t-il découvrir aujourd’hui ?


Huit heures juste. C’est ce qu’indique le minaret de la mosquée Djamâ el Djadid.


M pousse les portes de la Casbah. De vieilles Bab qui n’existent plus : Bab Azzoun au sud, Bab Al-Jadid au sud-ouest, Bab Al-Bahr sur le front de mer, Bab Jazira à l’entrée du port, Bab el-Oued vers le nord. M dépasse les fortifications passées. Après l'avoir conquise, le génie militaire avait malmené la ville. La basse médina sabrée par l’ingénierie caporale pour y

samedi 30 juillet 2016

Lumière de Lisbonne… Luz de Lisboa…

Une exceptionnelle clarté

Singulière clarté de Lisbonne qui trouble des poètes, qui surprend et questionne les visiteurs. 
Bonheur des photographes exposés à shooter des « high key » éblouissants.
Lumière singulière, jusqu’à justifier, dans le quartier de la Baixa, une exposition se fixant pour ambition d’expliquer le prodige.
S’agirait-il d’un phénomène naïvement scientifique : le contrecoup d’une sévère loi électro-magnétique assise sur le parallèle de la ville ? Comme un bête faisceau lumineux servi par de bas arguments météos d’ensoleillement maximal ?
Non, la science seule ne peut expliquer l’énigme.

 

Lumière ?… Luz ?… Elucidons…


Certes un chatoiement spécial renvoyé par la mer de paille.
Aussi, un éblouissement des yeux lorsqu’on sort des longues arcades.
Bien sûr l’effet des légers vents atlantiques, ou de la Nortada poursuivant vaillamment les nuages.
Et puis un accord tacite : celui des pierres écrues, des azulejos bleus et jaunes, du fouillis des maisons blanchies accrochées aux sept collines… une secrète connivence pour mimer le reflet d’un immense coquillage d’argent.
De toutes parts, d’Alfama à Mouraria, de Santa Catarina à Cais do Sodré, de Graça à Estrela, partout en vérité jeux d’ombre et ciel spacieux, déferlements de brillance.

La fierté d’un passé prodigieux

 
 Oui, tout cela dans la luz de Lisboa.

Sans doute, mais surtout une fierté que rien ne tarit : ni crise monétaire, ni violent séisme, ni vieux déclin : la lumineuse dignité que décerne la mémoire des lointains voyages de Vasco et Magellan, qu’offre le souvenir vivace de capitale du monde…

mercredi 27 juillet 2016

Eau, Feu, Terre, Air… C’est tout ça la plage

Nous les humains, parfois ingénus

Nous les humains sommes parfois ingénus : nous croyons qu’en allant à la plage, nous aspirons juste à bronzer un peu, à flotter léger, à décompresser enfin. Ce serait un loisir sans prétention, agréable et sain, mais –sans se l’avouer– un peu bébête. Le festival de Tabarka en Tunisie avait d’ailleurs publié un slogan devenu célèbre : « comment ne pas bronzer idiot ». Il affirmait en creux que la simple plage, c’est pour les simples d’esprit.

Sans conscience

Pourtant, à la plage, par millions, ils s’y dirigent les hommes. Sacrifiant souvent leurs finances,

lundi 25 juillet 2016

à Alger : le mortier et l’oubli... Le monument "Le Pavois"

Alger, square Laferrière

M s’assoit à l’ombre d’un mûrier. Sur les bancs de pierre blanchie, les fiancés officiels se tiennent du regard, en pleine lumière. Au détour d’une allée, ou derrière un agave, d’autres se font plus discrets, risquent parfois un geste étourdi. Tous attendent depuis longtemps un lieu pour de libres échanges.
Tourne la grande horloge florale. Cinquante ans à tourner depuis l’indépendance.

Zbouba

Juste devant M, la mer est si bleue maintenant. Et le port si proche que les

vendredi 22 juillet 2016

Wifi, 4G, ADSL… surtout ne jamais manquer de connexion réseau

Quand j’étais enfant, si une quelconque tension politique ou sociale menaçait, mes grands-parents faisaient illico ce qu’ils appelaient des provisions : 3 litres d’huile, dix boites de lait concentré Nestlé, deux de sucre, trois kilos de farine et une grosse boite d’allumettes. 
En mai 2016, alors qu’une grève générale se préparait, plus question de cela. En revanche s’étiraient des queues immenses devant les stations-services : de nos jours, l’automobile ne doit jamais souffrir de soif. 
Dans quelques années, tout conflit naissant provoquera une ruée populaire vers une provision plus technologique. Chacun voudra faire le plein de réseau : du 4G ou 5G en boite, de l’ADSL en flacon, de la Wifi en bombe… Surtout ne pas trépasser en manquant de connexion une seule nanoseconde.

jeudi 21 juillet 2016

Le face-swap

Tu es moi, je suis toi.

C’est le principe des applis de Face-Swap : avec son smart-phone, on prend un portrait de deux personnes placées côte à côte. L’appli mixe, échange, triture les traits et affiche deux visages inédits. L’image ainsi swapée ébahit, au point qu’un rire inextinguible assaille. Imaginons l’expérience avec une fille et un garçon. Celle-ci se retrouve avec

lundi 18 juillet 2016

Les coups du Soleil d'Algérie

M a dix ans en 1960. Malgré les dangers de la guerre, des amis de ses parents l’emmènent passer des journées entières à la plage, près d’Alger.


Cette année, l’été algérien l’illumine de bleu. Près de Cherchell, allongé sur l’immense plage, il devient minéral à force de sable : un agrégat d’os. Corps avec son pays premier. S’y lover comme un serpent, peau offerte au sirocco qui souffle... Les milliards de petits grains le bordent. C’est toute l’Afrique saharienne qui pousse. M ne s’ennuie jamais étendu sur la plage. Ses doigts malaxent l’enchevêtrement complexe. Déranger ce désert, provoquer l’aléa, comme les séismes et la guerre brisent la naïveté d’un monde. Ici son pays est une mer de

samedi 16 juillet 2016

L’huile sur le feu… Comment nos réactions décuplent les effets des attentats terroristes…

L’attentat de Nice … 

Tant de victimes : des dizaines de morts, des blessés, des traumatisés par centaines, par milliers. Tout un pays gravement atteint.
Islamiste pro-Daech ou pas, le terroriste tueur est un fou.
Une question cruciale se pose alors : comment un individu – totalement isolé ou politiquement soutenu, peu importe ­– peut-il provoquer une telle déflagration dans tout un pays, jusqu’à même remuer le globe ? Comment parvient-il, alors qu’il est seul, à nous atteindre tous ? Le paradoxe est flagrant : une personne unique, et en face des millions.

Comment démêler la contradiction ?

Est-ce que ­– involontairement bien sûr – certaines de nos réactions, individuelles ou