Quel nez !

Une soirée au « cinhâtre »

Un autre plaisir
Bien sûr, on ne goûte pas l’atmosphère fébrile de la salle Richelieu, on n’admire pas sa
belle et vénérable parure. On ne respire pas la douce odeur des baignoires cramoisies. On ne jouit pas de la présence physique des comédiens. Bien sûr, puisqu’on n’est pas au théâtre : on est au cinhâtre !
belle et vénérable parure. On ne respire pas la douce odeur des baignoires cramoisies. On ne jouit pas de la présence physique des comédiens. Bien sûr, puisqu’on n’est pas au théâtre : on est au cinhâtre !
Cyano amoureux se sacrifie
Mais quel plaisir d’approcher si intimement les acteurs, d’entendre aussi distinctement les dialogues (mon souvenir d’un récent Roméo & Juliette où, pourtant bien placé, je ne saisissais pas des vers entiers…). Et quel confort d’être assis trois heures dans un large fauteuil. Sans compter la satisfaction de ne pas avoir dépensé une fortune : zéro euro grâce à ma carte ciné, cela n’a pas trop grevé mon budget « sorties ».
La tirade du nez
D’un point de vue collectif, la diffusion dans des centaines de salles partout en France (bientôt des reprises dans plus de 400 cinémas en France et à l’étranger) permet de généraliser la portée de la pièce, de l’élargir à la province, de permettre à un public potentiel moins fortuné d’apprécier de beaux spectacles, de sortir au théâtre, pardon… au cinhâtre. Pas loin de 100 000 personnes pour une seule soirée ! Et que les amateurs de vrai théâtre et de distinction sociale se rassurent, il n'est pas question de révoquer le Théâtre véritable, au contraire cette vaste diffusion pourrait lui donner une vie nouvelle.
Bravo à la troupe
Mais revenons au nez gigantesque, ce grand responsable de l’impossible idylle de la belle Roxane avec notre nasique de Cyrano... Michel Vuillermoz excelle derrière son appendice à multiples registres, et la tonique Françoise Gillard nous donne à éprouver tout l’amour que Cyrano lui porte. Dans la mise en scène de Denis Podalydès, quel spectacle vivant la troupe nous donne.
Pour Denis Podalydès, Cyrano est « un rêve de théâtre total, un mélange des arts et des genres : opéra bouffe, tragédie, drame romantique, poésie symboliste, farce moliéresque ». Et en effet la pièce est tour à tour facétieuse, touchante, sociale, subtile...
Ne courez plus au Français puisqu'il affiche complet, courez au cinhâtre !
La touchante scène finale de l'aveu