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dimanche 11 mars 2018

Première expo 2018 à la Maison Européenne de la Photographie de Paris, jusqu'au 20 mai

Depuis janvier dernier, Jean-Luc Montessoro, fondateur de la MEP en 1996, n'en est plus le directeur. Ironie d'une nomination à l'heure du Brexit, Simon Baker, sujet britannique formé à l'histoire de l'art, roux comme il se fait outre-Manche, quitte le Tate de Londres pour la rue de Fourcy. Il se déclare néanmoins plus européen que jamais. Sa programmation débutera en 2019.

« La photographie française existe, je l’ai rencontrée » : une des dernières expos signée Montessoro

Montessoro a rencontré la photographie française contemporaine (de 1980 à nos jours), et laissant aller sa subjectivité, il accroche ses choix aux murs de la MEP. Juste avant son départ, c'est en fait une tardive réponse au jugement proféré dans les années 80 par le conservateur de la photo au MoMa de New-York, jugeant inexistante cette photographie. Montessoro puise dans les collections de la MEP pour démontrer au contraire sa grande richesse. Dans les salles de l'expo, certes l'impression de richesse est présente. Une cinquantaine d'artistes sont exposés : certains éminents comme Depardon, Salgado, Bernard Plossu,  Bettina Rheims,  Hervé GuibertChristine Spengler, Philippe Ramette, Sarah Moon,  Alain Fleischer… d'autres moins célèbres. 
Certes, c'est toujours un plaisir de revoir certaines œuvres fameuses : comment se lasser des gris de Depardon à New-York ?
 Ou des noirs jaillissant des puits de pétrole signés Salgado ?

Mais, parce que certaines œuvres célèbres peuvent l'être trop, ce sont souvent les images
moins vues qui retiennent davantage le regard. Parmi celles-ci :
 
Pierre & Gilles
Keiichi Tahara
Patrick Tosani
Sophie Ristelhueber

Sophie Ristelhueber
Jean Gaumy


Guillaume de Sardes et ses « Fragments d’une histoire d’amour » : des lignes magnifiques

A la fois par ses textes littéraires et par son art photographique, G. de Sardes relate, tout autant qu'il expose, les moments marquants d'une passion amoureuse. La vingtaine de photographies aux compositions travaillées dévoile ces différents instants d'une histoire, dont l'un semble marquer un début et l'autre une fin, liés la plupart du temps à un lieu singulier - de Rome à Lille, Marseille, Barcelone ou Berlin. La manuscrit associé à l'image : des lignes magnifiques, à lire et à voir absolument.



Guillaume de Sarde a publié un beau livre de ces Fragments 


Roger Moukarzel et sa série de portraits de femmes

On découvre des femmes travaillant dans l’édition, les musées ou bien aux côtés des artistes, et qui ont collaboré avec la MEP ces dernières années. Certes, les portraits sont délicats et généreux, mais ce qui frappe, c'est la manière dont Roger Moukarzel, photographe franco-libanais, en a fait une série cohérente. Chaque image est double, un diptyque inavoué, le sujet jouxtant son contexte symbolique.
Souvent flouté, parfois en surimpression, une moitié du cliché nous invite ainsi à deviner l'invisible, comme une fluidité de l'espace de la vie des modèles.


Olivia Gay : Envisagées

La MEP expose quelques photographies de séries différentes dont le commun dénominateur est la place de femmes en marge de la société.